La veille aléatoire et comment l’améliorer.

Acquérir, stocker, analyser l’information sont les processus indispensables à la veille. Le plus délicat dans une veille, qu’elle soit technologique, concurrentielle, ou stratégique, est justement d’acquérir l’information. De pouvoir, parmi cette avalanche de données, s’accaparer l’information dans sa forme la plus brute pour l’analyser. Bien souvent, on tombe sur des données déjà analysées, interprétées, et donc épurées, ce qui ne permet pas d’être objectif dans son analyse. Afin de mieux trier l’information, beaucoup passent par des agrégateurs de flux RSS, qui permettent d’avoir une vue d’ensemble de flux, pour un même thème par exemple (qui sera alors le coeur de notre recherche). Cependant, j’aimerais discuter aujourd’hui d’un autre type de veille que je qualifie de veille aléatoire. Pour moi, cela désigne une veille pour laquelle on n’a pas spécifiquement choisi la thématique, mais pour laquelle on déborde d’informations, faciles d’accès. Le buzz peut nous noyer dans cette veille aléatoire, tout comme le fait que beaucoup de blogs reprennent les mêmes sujets (tout le monde a pu le constater depuis plusieurs mois via nos agrégateurs de flux RSS). Mais il y a un élément bien plus efficace pour succomber à ce genre de veille : les digg-like.
Petite parenthèse sur les digg-like : à l’image de digg.com lancé depuis octobre 2004 par Kevin Rose, Owen Byrne, Ron Gorodetzky et Jay Adelson, les digg-like permettent aux utilisateurs de voter pour une page jugée intéressante et proposée par un utilisateur (très communautaire, donc très “2.0″). Ces pages sont classées par catégories, ce qui permet aux utilisateurs de cibler leur recherche. Lorsqu’un article reçoit beaucoup de votes, il est mis en avant sur la page principale de digg.com, ce qui peut lui permettre une augmentation significative de son trafic (on parle alors de Digg effect).

digg like

Les digg-like, reposant donc sur la veille collective, nous ouvrent une fenêtre sur de très bons articles (puisque jugés/sélectionnés par un grand nombre). Même si l’on a la possibilité de naviguer selon des thématiques (ou catégories) très spécifiques, nous n’avons pas une classification assez précise pour trouver une information très (trop?) ciblée. La plupart du temps, on nous propose un moteur de recherche qui consulte l’ensemble des articles pour nous, mais si nous prenons comme exemple de recherche les termes “flux RSS”, rien ne distinguera un billet expliquant les flux RSS d’un billet parlant d’un tout autre sujet et comportant ces mêmes termes. La recherche sémantique, basée sur le sens de la requête, constituerait un pas en avant dans les digg-like.
C’est pourquoi je parle de veille aléatoire, puisqu’au final, cela revient à lire des articles très différents, et acquérir des informations sur des thèmes très variés sans en formuler la recherche.
L’intérêt?

  • On découvre de nouveaux sites/blogs.
  • On ne s’enferme pas dans des thématiques trop spécifiques (on sort du web2.0, geekerie, et donc on profite d’une plus grande ouverture d’esprit).
  • On nourrit notre curiosité, tout en ayant des référentiels de pertinence et de qualité via la notation (en principe, on ne lira pas “n’importe quoi”).
  • On participe à de la veille collaborative, ce qui contribue à ne pas se limiter qu’à nos agrégateurs qu’on ne partage pas encore (Ginger n’est toujours qu’en béta).
  • Cependant, il y a des limites à tout cela, à savoir un manque d’interaction entre les utilisateurs (on note, ou pas, on commente le blog, ou pas). On manque de communication, par exemple pouvoir laisser un mot à l’auteur pour dire pourquoi on vote pour son article (sans que cela apparaisse sur son blog), en rendant ce processus obligatoire, éviterait les spams de notations (échanges de vote “entre amis” pour atteindre le top des classements, etc…).
    Limiter le nombre de recommandations (les votes) à 10 ou 20 par jour permettrait d’éviter également cette même dérive.
    Peut-être mettre davantage en avant les auteurs de billets intéressants, en proposant une page dévoillant les flux RSS (les cinq derniers billets, par exemple) du top 10 ou 20 des utilisateurs (du jour, du mois, depuis le début du digg-like). En effet bien souvent on tombe sur des articles très plébiscités, et puis du jour au lendemain, on ne voit plus de publications de l’auteur en question, qu’on ne peut plus lire du coup (si par exemple des billets mieux notés le font disparaître du classement).

    Cette veille que j’ai qualifiée d’aléatoire, n’est possible que via une veille collaborative. Ce que je regrette, mais je pense que cela sera rectifié, un jour, c’est de ne pas avoir (assez) d’outils de veille collaborative. En effet, pouvoir être plusieurs à gérer un même flux RSS en libre consultation serait une première étape. Dans le cas de Ginger, par exemple, qui permet la consultation de ses flux RSS par tout un chacun, je verrais bien la possibilité de mettre encore plus en avant l’aspect communautaire. Pouvoir recommander un flux, en consultant l’univers d’un utilisateur, permettrait à celui-ci de découvrir des flux en rapport avec ses centres d’intérêt.

    Pour conclure, je dirais que la veille aléatoire a de bon côtés, mais que la veille collaborative gagnerait à être moins aléatoire.

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    Commentaires

    well done, bro

    [...] blog très intéressant, dont je vous recommande la lecture au passage). Je parlais déjà de Digg-like il y a quelques temps déjà, sans présenter les aspects négatifs de ces outils. Pourtant, pour [...]

    [...] la qualité des articles que je pouvais trouver. Un outil utile et pratique pour faire de la veille aléatoire et découvrir de nouveaux blogs. Or, comme j’en parlais déjà il y a quelques temps, ce [...]

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