L’identité numérique

2Aurelien11th fév 2007Web 2.O,

Il m’est arrivé de chercher mon nom sur google*, et je pense, enfin j’espère ne pas être le seul*. Ce n’est pas (uniquement) mon égocentrisme qui a guidé cette recherche mais plutôt la curiosité.

J’ai eu la « chance » de ne pas être surpris par le résultat de cette recherche, mais il peut arriver qu’il n’en soit pas ainsi. C’est ici que l’intérêt d’utiliser des pseudonymes pour nos actions plus personnelles (recherche de l’âme sœur sur des sites de rencontres, prises de positions sur des forums de discussions…) naît. Mais ne serait-ce pas un moyen d’amputer une partie de soi-même, d’essayer de nous montrer que sous notre meilleur jour, et donc, d’avoir une attitude complètement réelle : préserver l’illusion dans un monde où l’on n’est pas sensé paraitre mais être. Ce n’est peut être que ma vision naïve de la toile, mais j’ai davantage tendance à être moi-même sur le net que dans ma vie de tout les jours. Je n’ai pas à plaire, et je suis certain que les gens prendront le temps de réfléchir à ce que j’ai dit avant de parler (sur un forum de discussions notamment), contrairement à une conversation en directe où les réponses fusent du tac-o-tac. Et puis je ne représente qu’un nom, qu’un pseudo, que quelques mots sur un écran (pourquoi quelques ?), je ne choque pas des gens que je connais ou que je crois connaître, l’enjeu n’est pas le même, donc on est facilement tenter de croire que les autres font de même, étant donné qu’on a rien à prouver on a logiquement tout à gagner à être soi-même. Etre vrai dans un univers virtuel… cela prêtre à sourire quand même. On est loin du M. Anderson de Matrix et de sa double identité au début du film, « cyber-identité » qui prend d’ailleurs le pas sur l’identité « civile »… Par contre, ce qui est hélas plus concret que l’univers inventé par les frères Wachowski, c’est la googlisation de notre monde, de notre culture, de nos connaissances, de notre manière de vivre…. Et j’en passe… vous voulez cuisiner un plat et vous n’avez pas la recette sous les mains, au lieu de prendre votre livre de cuisine préféré placé dans une de vos étagères, l’ordinateur est ce vers quoi vous allez machinalement, www.google.fr et vous avez la réponse à votre question… Même pas besoin de taper l’adresse vu que le site est en page de démarrage… A ce propos, il est risible de remarquer l’incapacité des gens à entrer l’adresse d’un site internet. En effet, un trop grand nombre va sur google pour trouver le lien qui les mènera vers le site convoité. N’est-il pas ridicule de procéder ainsi pour trouver des sites dont on connait ou devine l’adresse ? (je pense notamment à celui de la sncf qui, si je ne m’abuse, est souvent rechercher sur google…), enfin je m’égare.

Petite parenthèse mise à part, une discussion un peu animée, une question est soulevée, « Super G ! » est la pour garantir une fin à ce mini-conflit. Se baser sur un support dont le contenu n’est pas fiable à 100% est à double tranchant. On peut même explorer plus loin la réflexion en s’interrogeant sur l’intérêt de détenir ce savoir si accessible… n’abrutissons pas nos jeunes générations en leur donnant accès à un savoir qui était moins accessible avant ? L’outil est pratique, il suffit juste de savoir bien en tirer parti, comme tout je suppose, mais ne mettons pas en avant l’inutilité d’être soi-même cette source de savoir étant donner qu’elle est si facile d’accès. Il est toujours plus facile d’aller sur google que de se cultiver… D’un autre coté, le manque de fiabilité concernant les informations trouvées sur le net pousse certains à faire des recherches en amont de ce qu’ils trouvent sur internet, ce qui doit surement équilibrer la tendance.

Ce que je trouve surprenant, et qui sera de moins en moins surprenant, est la google research du nom de ses futurs/potentiels collaborateurs. Les patrons d’entreprises cherche en effet, à maintes reprises, la net identité des postulants qu’ils vont rencontrer. Cela peut très bien servir certains, comme desservir d’autres… qui souhaiterait avoir en résultats de recherche à son nom, une vieille page d’un skyblog où l’on raconte un bout de sa vie insipide en langage SMS ? Le pseudonyme est la pour nous protéger on pourrait dire, mais qui va empêcher wonderboy91 de nous critiquer en citant notre nom, et donc en alimentant la machine google ? Et qui pourra garantir de la véracité des informations circulant sur notre compte sur la toile ? Comment prouver que ces inepties sont fausses ? Car bien évidemment, s’il n’y a que de bonnes choses nous concernant, l’inquiétude n’ayant pas lieu d’être, l’interrogation est inutile. C’est pourquoi il est important d’être ce que l’on est, aussi bien sur le net que dans la vie de tous les jours. L’avantage du net, c’est qu’on laisse notre trace, que nos écrits auront peut être plus de poids que nos paroles, et qu’on peut plus facilement inhiber notre peur de paraître. On dit bien que les paroles s’en vont et que les écrits restent, je rajouterais même que google les garde en cache!!!. Se cacher derrière un pseudo n’est donc pas forcément la solution, assumer ce que l’on dit, c’est créditer ses dires, c’est oser dire tout haut ce qu’on écrivait jusqu’alors tout petit, c’est exister, parce qu’on est et non parce qu’on parait. Seulement ainsi nous prendrons en main notre identité virtuelle, par la convergence du virtuel et du réel, par cette fusion de nous avec nous-mêmes. Et alors nous pourrons dire je en ayant l’intime conviction que cela ai un sens et un quelconque intérêt pour les autres.

* en lisant « la révolution Google » de John Battelle, je me suis rendu compte que ce type de recherche pouvait s’indentifier comme étant une recherche « de vanité » ou alors de l’egosurfing. Toujours est-il que l’ouvrage de M. Battelle est très intéressant à lire, j’en reviendrais dans un autre billet, une fois que j’aurai fini le livre.

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2 Comments Flux du commentaires

  1. P'tite Fée (11 février 2007, 23:35).

    Très intéressant post, j’ai parfois une réflexion à peu près similaire.

  2. princesse101 (12 février 2007, 10:34).

    merci pour la musique….

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