
J’avais beaucoup d’appréhension avant d’aller voir Gainsbourg, vie héroïque. Déjà parce que sa musique me berce depuis plus de 30 ans (je soupçonne même ma mère de m’en avoir fait écouter avant ma naissance, pour l’avoir vu faire avec ma petite sœur, mes doutes n’en sont ressortis que renforcés)… on peut donc dire que je connais une grande partie de son immense œuvre. Les deux ans nécessaires à la réalisation de ce film n’était, de mon point de vue pas bon signe… En effet, face à de tels délais on a plus vite fait de sombrer dans les méandres d’un WaterWorld que d’atteindre une dimension comparable à l’adaptation de l’œuvre de Tolkien sur grands écrans. Je m’étais renseigné au préalable pour m’assurer que sa période reggae ne soit pas trop mise en avant dans le film, vu que je ne suis pas fan de ce tournant musical opéré en 1979. Et bonne surprise, on voit Gainsbourg de son enfance au début de cette période (que j’appellerai la période Bambou puisque sa vie a été marqué et animé par ses relations avec les femmes).
Un dernier détail avant de partager mon avis sur ce film, je ne suis pas fan des biopic, enfin du concept en général. Je trouve en effet plus judicieux de faire un film du vivant de la personne qu’après sa mort (sous forme d’hommage donc), au moins la dite personne à son mot à dire !!!
Passons au film maintenant, enfin, c’est plus qu’un film à mes yeux. Il s’agit davantage d’un conte, qui bien que sûrement un peu romancé décrit très bien la vie de l’artiste. Le concept de « la Gueule », double quasi « schizophrénique » de Gainsbourg (une sorte de Gainsbarre si on veut, enfin je l’ai vu ainsi) est une excellente idée. Ce conte nous permet de mieux comprendre l’artiste, et d’en apprécier davantage le travail. Si si, je vous assure, en sortant de la salle, j’avais envie de continuer à écouter sa musique! En parlant de chansons, comment passer à côté du travail titanesque de Joann Sfar qui a fait ré-enregistrer l’intégralité des musiques de Serge présente dans son film par les comédiens !!! Eric Elmosnino qui incarne l’homme à la tête de chou est bluffant de ressemblance au point que j’ose même dire que c’est de l’ordre de la quasi-réincarnation ! Laetita Casta exhibe sa niaiserie à son paroxysme mais qui pour une fois n’a rien d’agaçant car collant parfaitement au rôle de B.B. Et que dire de Lucy Gordon (découverte dans les Poupées Russes, un de mes films préférés), qui nous fait découvrir une Jane Birkin bien plus belle et touchante que la vraie (au même âge bien sûr !). Une dernière petite surprise dans le film, pour ceux qui ont vu des émissions télé, des extraits ou autres de Gainsbarre, on ne peut pas dire qu’il respirait la joie de vivre autant que la fumée de ses Gitanes, et pourtant, on y voit ici des moments joyeux de sa vie, et c’est avec plaisir qu’on l’entend rire à travers Eric.
Très honnêtement, c’est un film tout public, accessible aux fans comme aux non-fans, et qui restera indémodable, à l’image de l’auteur de ces quelques mots : «Le masque tombe, l’homme reste, et le héros s’évanouit».
Quelques liens : Le site officiel du film Rue 89 Numerama Excessif.comArticles similaires:- Pas encore

